Portrait du décolonisé précédé de Portrait du colonisateur
Cinquante ans après les indépendances, Memmi propose un Portrait du décolonisé qui tente une peinture aussi fidèle que possible d'un homme nouveau apparu sur la scène de l'histoire. L'ouvrage s'organise autour d'un triptyque : le nouveau citoyen demeuré dans son pays natal, l'immigré vivant dorénavant à l'étranger et le fils de l'immigré, né dans le pays d'accueil. La première partie offre un bilan désenchanté : ayant obtenu son indépendance nationale, le colonisé n'y a gagné ni la richesse, ni la liberté, et la violence demeure souvent endémique dans son nouveau pays. Memmi identifie deux problèmes principaux : la corruption et l'absence de démocratie, donc de transparence et de droit. L'ouvrage examine également les problèmes découlant de l'interdépendance du monde contemporain, notamment la liaison entre la pauvreté, la corruption et la tyrannie au sein des jeunes nations, ainsi que les mouvements de populations et les collisions entre les cultures.