Artiste marocaine, Jasmine Sdigui est actuellement en troisième année aux Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Michel Blazy. Mutique jusqu’à l’âge de sept ans, elle explore le vide, le silence et l’intangible comme des espaces de création. Elle s’empare du cadre du théâtre et de la mise en scène pour déplacer les frontières entre les univers. Ses installations, dessins et gravures brisent le quatrième mur pour inviter la fiction au cœur du réel. Les personnages imaginaires et fantomatiques qui peuplent ses œuvres deviennent alors des passeurs entre visible et invisible. Êtres désincarnés, faits de rebuts et défaits de leurs couleurs, ils s’infiltrent dans notre réalité tout autant qu’ils nous plongent dans la leur. Dans cet entre-monde qu’elle crée, Jasmine Sdigui interroge la notion de perception et renverse les rapports d’échelle. Par ce qu’elle désigne elle-même comme un véritable « désapprentissage de l’espace », l’artiste défie les lois du temps et de la gravité et nous offre un nouveau regard sur le monde qui nous entoure. Inspirée par les lignes d’erre de Fernand Deligny et par la philosophie de Bergson, les concepts de suspension, de flottement et d’impermanence deviennent pour elle des outils pour créer de nouveaux « contre-espaces ».
Jasmine Sdigui est née en 2000 à Casablanca. Elle vit et travaille désormais à Paris. Elle a participé à plusieurs expositions collectives dont La sorcière, le bouffon, les sentinelles, le fantôme et la princesse au Donjon du Château de Vincennes, Théâtre des Expositions (2022), Contre-Espace dans le cadre de PhotoSaintGermain (2023) et récemment Federation Island à la Tour Orion (2024).
©Léna Kemiche