Maïssane Alibrahimi est une artiste franco-marocaine dont la pratique interroge les rapports de pouvoir, les normes patriarcales et les récits liés à la féminité dans une perspective féministe et décoloniale. À travers l’usage de matériaux symboliques comme le sucre, elle explore les tensions entre douceur et résistance, tradition et subversion, dans des installations sculpturales fragiles et ornementées. Son travail s’ancre dans une esthétique de l’assemblage, de l’empilement et de l’éphémère, convoquant des gestes à la fois méditatifs et transgressifs pour déconstruire les formes et normes imposées du quotidien. Sensible aux transmissions culturelles et aux héritages contradictoires, elle détourne les signes de l’ornementation et les rituels pour révéler la violence latente inscrite dans les structures sociales, familiales ou spirituelles. Sa démarche s’inscrit dans une "grammaire matrimoniale", où les symboles sont réinventés comme autant de stratégies d’émancipation.
Diplômée d’un DNSEP à la Villa Arson, Nice et d’un MBA international en Art & Cultural Management, Paris, elle vit et travaille entre Paris et Rabat. Son travail a été présenté à Paris, Marrakech, et lors de foires et expositions collectives au sein de la scène émergente. Elle est également engagée dans des projets curatoriaux et des résidences qui croisent les scènes artistiques du Maghreb et du Moyen-Orient. En 2024, elle est sélectionnée pour le programme Arab Artists Now – Cluster: A Tale Makes a Turn – Feminist Legacies, porté par le K-oh-llective, affirmant son engagement dans des perspectives féministes et décoloniales en lien avec les scènes du Maghreb et du Moyen-Orient, et sélectionnée en 2025 au Prix Icart Artistik Rezo, au Prix Juvenars et au Prix Dauphine pour l’art Contemporain, en binôme avec Juliette Hage.