Aux Pays De L’or Noir, Une Histoire Arabe Du Pétrole,

L’après-pétrole est désormais un mot d’ordre dans les pays arabes. Dans le nouvel orientalisme que les pays du Golfe offrent à leurs touristes, l’or noir est relégué à l’arrière-plan. En ce début de XXIe siècle, la transition économique est pourtant particulièrement difficile pour les pays arabes, tant elle implique un changement radical de leur modèle de société. En un peu plus de deux générations, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, ces tard-venus du pétrole ont vécu une transformation sans équivalent dans le reste du monde, passant de l’opulence à l’austérité et de l’enthousiasme au désenchantement. Fondement d’un panarabisme volontiers révolutionnaire avant d’être le pilier d’États autoritaires, moteur de l’industrialisation des économies, exploité sans scrupules par l’État islamique, le pétrole a façonné le monde arabe et conditionné les rapports que nous entretenons avec lui. Sous la plume de Philippe Pétriat, Aux pays de l’or noir. Une histoire arabe du pétrole (Gallimard, coll. « Folio Histoire », 2021) décrit l’expérience que les pays arabes ont faite de l’ère du pétrole, depuis les premiers forçats de l’industrie jusqu’aux hérauts de la modernité post-pétrolière. En donnant la priorité aux sources arabes, il dévoile un versant surprenant de l’histoire de l’énergie du monde contemporain.

Le thé au harem d’Archi Hamed

Le roman se déroule dans une cité H.L.M. avec des murs couverts de graffitis, slogans et appels de détresse. Madjid y vit, fils d’immigrés, paumé entre deux cultures, deux langues, deux couleurs de peau, s’inventant ses propres racines et attaches.

La peur, la violence et l’amour règnent : l’amour pour sa mère Malika, ses frères et sœurs, et son père — un petit vieux tombé d’un toit qui a perdu la raison — ainsi que pour ses copains et son ami Pat, celui des bons et des mauvais coups, de la drague et de la drogue.

Le livre dépeint la vie quotidienne d’une cité H.L.M. dans les années 1980 : chômage, misère, alcoolisme, racisme, solitude, la drogue, la prostitution.

Traité du tout monde

Le Traité du tout-monde est le quatrième volume de la série Poétique d’Édouard Glissant. L’œuvre s’articule autour de deux concepts philosophiques clés : le Chaos-monde, « le choc de tant de cultures qui s’embrasent, se repoussent, disparaissent, subsistent pourtant, s’endorment ou se transforment, lentement ou à la vitesse de la foudre », et la Poétique de la Relation, manière d’imaginer l’incompréhensible totalité d’un tel chaos-monde, tout en nous permettant d’en saisir quelque détail et de chanter notre lieu, insondable et irréversible.

Parmi les concepts principaux de Glissant figure celui de la créolisation, décrite comme « un processus sans arrêt qui mélange la matière du monde, qui joint et change les cultures des humanités d’aujourd’hui », caractérisée par l’imprévisibilité des créations qu’elle engendre.

Le Traité du Tout-Monde, malgré son titre peut-être ironique, ne propose aucun système et n’est pas didactique, ni ne se limite à énoncer des concepts exaltants. L’essai est axé sur la théorie, traitant de « la connaissance et l’éclaircissement de l’inextricable (lieux, paysages, moments), puis la réflexion qui extrait ce qui peut être traité de l’inextricable ».

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