Femmes d’Alger dans leur appartement

En 1832, Delacroix capture un moment volé dans un harem d’Alger conquise, créant un chef-d’œuvre pictural. Un siècle et demi après, Assia Djebar explore comment vivent les femmes algériennes dans le quotidien et les libertés gagnées post-indépendance. Ce recueil de nouvelles, initialement publié en 1980 et enrichi d’une nouvelle inédite, « La Nuit du récit de Fatima », examine « le vécu, la difficulté d’être, la révolte et la soumission » face à des lois persistantes. L’ouvrage est devenu un classique international, offrant un « langage de l’ombre » souvent prémonitoire sur l’histoire immédiate.

L’Amour, la fantasia,

Émouvant roman historique de l’aube de la conquête coloniale à la guerre de libération, L’Amour, la fantasia alterne descriptions historiques minutieuses et scènes de fiction. Le roman présente des événements majeurs comme la prise d’Alger en 1830 et les enfumades du général Saint-Arnaud, racontant l’histoire d’une jeune fille algérienne à l’école coloniale puis celle d’une femme durant la guerre de libération. Les parties suivantes célèbrent les femmes dans la révolution, qu’elles soient au front ou soutenant les combattants à domicile, dans un entrelacs d’amour, de violence et d’émotions contradictoires. L’œuvre constitue un hommage aux femmes combattantes et un témoignage fidèle à la réalité historique algérienne.

La petite dernière

La narratrice est Fatima Daas, la « mazoziya » (petite dernière), française d’origine algérienne et musulmane pratiquante. À travers ce livre, Fatima Daas questionne ses identités multiples, culturelle, environnementale, religieuse, sexuelle et amoureuse — c’est un roman sur l’acceptation de soi et le refus de choisir entre son amour de Dieu et celui des femmes.

Ce premier roman, sous forme d’un monologue par fragments, ensorcelle d’emblée par son style coupant, percutant, scandé. Construit sur l’anaphore « Je m’appelle Fatima Daas », chacun des chapitres retrace un épisode de la vie de l’autrice, mélangeant constamment présent et passé.

Fatima Daas est née en 1995 à Saint-Germain-en-Laye ; ses parents, venus d’Algérie, se sont installés à Clichy-sous-Bois, où elle grandit entourée d’une famille nombreuse.

Les identités meurtrières

Que signifie le besoin d’appartenance collective, qu’elle soit culturelle, religieuse ou nationale ? Pourquoi ce désir, en soi légitime, conduit-il si souvent à la peur de l’autre et à sa négation ? Nos sociétés sont-elles condamnées à la violence sous prétexte que tous les êtres n’ont pas la même langue, la même foi ou la même couleur ?
Né au confluent de plusieurs traditions, le romancier du Rocher de Tanios (prix Goncourt 1993) puise dans son expérience personnelle, aussi bien que dans l’histoire, l’actualité ou la philosophie, pour interroger cette notion cruciale d’identité. Il montre comment, loin d’être donnée une fois pour toutes, l’identité est une construction qui peut varier. Il en dénonce les illusions, les pièges, les instrumentations. Il nous invite à un humanisme ouvert qui refuse à la fois l’uniformisation planétaire et le repli sur la «tribu».

La Petite Dernière

Roman & fiction

« Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Je suis musulmane. Une Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Cette banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyperinadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. L’amour, c’était tabou à la maison, la sexualité aussi. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. »

Ici l’écriture cherche à inventer l’impossible : comment danser dans une impasse jusqu’à ouvrir une porte là où se dressait un mur. Virginie Despentes.

Une bombe à fragmentation qui ausculte avec finesse et passion la question de l’identité. Clémentine Goldszal, Elle.

Un premier livre d’une grande puissance. Nathalie Crom, Télérama.

Prix Les Inrockuptibles 2020 catégorie premier roman.

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