Ce catalogue accompagne l’exposition de Zineb Sedira au Jeu de Paume, couvrant une période de 1998 à aujourd’hui, et des médiums aussi divers que la vidéo, le film, l’installation et la photographie.
Le travail de Zineb Sedira se concentre sur les évolutions sociales et politiques dans les sociétés modernes et sur les questions de déplacement et de mémoire dans l’histoire contemporaine. Mettant en lumière son intérêt spécifique pour les archives et pour la collecte, l’enregistrement et la transmission des histoires, son travail a fréquemment été identifié aux questions postcoloniales et en particulier à son histoire familiale. A Brief Moment rassemble des œuvres datant de 1998 à aujourd’hui. Intégrant le film, la vidéo, l’installation et la photographie, l’exposition embrasse, à l’image du catalogue qui l’accompagne, un large éventail de sujets, allant de l’ère utopique des années 1960 à la mobilité contemporaine et aux répercussions actuelles des changements géopolitiques et industriels survenus au cours du XXe siècle : le développement intense de l’industrie automobile (The End of the Road, 2010) ; le transport mondial lié à l’exploitation des ressources primaires et secondaires par les pays du Premier Monde en conséquence directe de l’impérialisme (Lighthouse in the Sea of Time, 2010 ; Broken Lens, 2011 ; Transmettre en abyme, 2012) et l’histoire et l’indépendance de l’Algérie (Standing Here Wondering Which Way to Go, 2019 ; Laughter in Hell, 2018).
Ni entièrement documentaires ni fictionnelles, les œuvres hautement descriptives de Zineb Sedira mettent souvent en scène l’artiste elle-même, formant des récits qui révèlent la mémoire collective tout en témoignant de son engagement politique en tant qu’artiste. Créée spécifiquement pour cette exposition, Standing Here Wondering Which Way to Go (2019) s’inspire du Festival panafricain d’Alger de 1969 et fait référence aux mouvements révolutionnaires des années 1960 et 1970. L’élément central de l’œuvre, un diorama du salon de Sedira, contient sa collection personnelle de meubles et d’objets, une pièce vidéo et une sélection de musiques de l’époque, avec des photographies et des documents. La dimension autobiographique de l’installation renvoie à l’ethos culturel des années 1960 et interroge notre capacité à apprendre de l’histoire.