Huriya

Né intersexe dans le Maroc des années 1970, Huriya est élevée par ses grands-parents, après avoir été abandonnée par sa mère. L’enfant grandit au sein d’un couple divisé sur tous les sujets (éducation, sexualité, religion), qui n’a qu’un seul point commun, Huriya. Ce récit est celui d’une enfance nourrie par des identités plurielles et des valeurs parfois antagonistes, mais aussi celui des pièges et des hypocrisies de la religion qui se referment sur les femmes, les rendant victimes puis bourreaux. Son départ pour Paris signe sa nouvelle vie.

We could have been friends my father and I. A Palestinian Memoir

Aziz Shehadeh was many things: lawyer, activist, and political detainee, he was also the father of bestselling author and activist Raja. In this new and searingly personal memoir, Raja Shehadeh unpicks the snags and complexities of their relationship.

A vocal and fearless opponent, Aziz resists under the British mandatory period, then under Jordan, and, finally, under Israel. As a young man, Raja fails to recognise his father’s courage and, in turn, his father does not appreciate Raja’s own efforts in campaigning for Palestinian human rights. When Aziz is murdered in 1985, it changes Raja irrevocably.

This is not only the story of the battle against the various oppressors of the Palestinians, but a moving portrait of a particular father and son relationship.

Djinns

Ce jour-là, Penda aurait préféré ne pas décrocher le téléphone et éviter les mauvaises nouvelles. Trop tard, elle apprend que son copain Jimmy est hospitalisé après une garde à vue. Sa mère est introuvable, alors le médecin cherche à contacter Mami Pirate, grand-mère de Penda et voisine bienveillante du malheureux Jimmy.

Rien ne va plus. Penda elle-même vient de se faire virer de la supérette du coin où elle était caissière depuis la fin de ses études. Elle pense à rejoindre le cabinet de guérisseuse de Mami Pirate. Pour cela, il faut que sa grand-mère l’initie au Bwiti, cérémonie traditionnelle gabonaise consistant à entrer dans un autre état de conscience, afin de se laver des maladies de l’âme et des pathologies psychiques. Dans l’espoir de sauver Jimmy, Penda se lance mais son apprentissage est compromis par un être qu’elle a la faculté de ressentir depuis l’enfance, quand d’autres ne peuvent ni le voir ni l’entendre : son djinn.

A cheval entre deux cultures et deux visions du monde, Penda s’interroge sur ses propres croyances, ainsi que sur la maladie mentale dont Jimmy est atteint.

Heureusement, au quartier, il y a les autres, Chico le dealer attachant avec lequel Penda a grandi, Shango la grande sœur protectrice, Sally l’amie dont elle s’est éloignée. Chacun à sa manière va contribuer à révéler ce qu’il y a de plus cher aux yeux de Penda, la liberté.

Sorcellerie versus psychiatrie ? Djinn blanc contre djinn noir ? Langue de la rue, langue de l’école ? Retour au pays ou cheminement vaille que vaille dans une société peu accueillante ? Dans une langue hybride et teintée d’oralité, Djinns est tissé d’élans de tendresse, de colères tues, et met au centre le pouvoir de l’imaginaire.

Oran langue morte

Une jeune Algérienne revient à Oran pour la mort de sa tante et revit les circonstances du meurtre de sa mère, en 1962 ; une Normande catholique, mère de huit enfants franco-algériens, est enterrée en grande pompe au cimetière musulman du village de son époux ; une institutrice signe son arrêt de mort en racontant à ses élèves l’histoire de la femme découpée en morceaux…

Entre folie meurtrière et résistance farouche, des femmes tentent de survivre dans le quotidien ensanglanté de l’Algérie de ces dernières décennies. Au fil des sept textes de ce recueil, c’est la respiration heurtée d’un pays en proie à la violence que fait entendre Assia Djebar, dans une œuvre tragique où esthétique et réalité n’ont nulle complaisance l’une envers l’autre.

Je ne parle pas la langue de mon père

Je ne parle pas la langue de mon père et L’arabe comme un chant secret sont deux récits qui se répondent et donnent la clé de l’œuvre de Leïla Sebbar.

Ils témoignent de son obstination d’écrivain face à cette question pour elle lancinante, depuis l’Algérie coloniale où elle est née d’un père algérien et d’une mère française, jusqu’à Paris où elle écrit son père dans la langue de sa mère : comment vivre séparée du roman familial de « l’étranger bien-aimé » qui, par son silence, l’a tenue à distance ?

Cette question que l’exil exacerbe, peu l’ont explorée avec autant d’acuité que Leïla Sebbar dans ces récits devenus des classiques, ici réédités avec des textes d’écrivains et universitaires, des aquarelles de Sébastien Pignon et des images de sa mythologie affective.

La Disparition de la langue française,

Pour Bekrane, la cinquantaine venue, retrouver l’Algérie après vingt années passées en France est à tous égards un défi. Défi de surmonter une rupture douloureuse avec Marise, sa compagne ; défi de renouer avec son enfance et d’écrire, peut-être, le livre qu’il porte en lui. Défi, enfin, de voir un pays en proie à l’agitation de l’islam intégriste dériver inéluctablement vers la violence et la guerre civile.

Une liaison brève et passionnée avec Nadjia, autre exilée de passage, avec qui il partage les souvenirs tragiques de la lutte pour l’indépendance, l’aidera-t-elle à recomposer les fragments d’une mémoire éclatée ?

C’est au plus intime — les retrouvailles avec une langue arabe qui est celle aussi de l’amour, le dialogue jamais achevé avec le français, langue de la culture humaniste et, non sans ambiguïtés, de la tolérance politique — que se jouera pour Bekrane un conflit historique dans lequel toute sa vie est engagée.

Nulle part dans la maison de mon père

Dans une petite ville du littoral algérien, une fillette grandit entre son père, seul instituteur indigène de l’école, et sa mère, si belle et si jeune. Livrée à la houle des souvenirs, Assia Djebar évoque sa formation et ses figures tutélaires au premier rang desquelles son père, l’austère Tahar qui, malgré ses idéaux démocratiques, reste attaché à une rigueur musulmane qu’il entend transmettre à sa fille. C’est par les livres qu’elle découvre le monde – bientôt viendra l’écriture.

Pour la première fois dans son œuvre, Assia Djebar compose un roman autobiographique qui éclaire son identité de femme et d’écrivain : on y découvre une enfant puis une jeune fille avide de liberté, riche d’une tradition en héritage et d’un savoir qu’elle conquiert brillamment, déchirée entre l’Algérie et la France. Au-delà du récit intime tout en pudeur et en émotion, elle rend hommage à un passé araboberbère, à un pays, à un père, comme pour renouer des liens dont elle a naguère dû s’affranchir pour devenir elle-même.

La Femme sans sépulture

La Femme sans sépulture, c’est Zoulikha, héroïne oubliée de la guerre d’Algérie, montée au maquis au printemps 1957 et portée disparue deux ans plus tard, après son arrestation par l’armée française. Femme exceptionnelle, si vivante dans sa réalité de mère, d’amante, d’amie, d’opposante politique, dans son engagement absolu et douloureux, dans sa démarche de liberté qui scelle sa vie depuis l’enfance et qui ne l’a jamais quittée, sa présence irradiante flotte à jamais au-dessus de Césarée…

Autour de Zoulikha s’animent d’autres figures de l’ombre, paysannes autant que citadines, vivant au quotidien l’engagement, la peur, la tragédie parfois. Véritable chant d’amour contre l’oubli et la haine, de ce passé ressuscité naît une émotion intense, pour ce destin de femme qui garde son énigme, et pour la beauté d’une langue qui excelle à rendre son ombre et sa lumière.

Ces voix qui m’assiègent…en marge de ma francophonie,

Dans cet ouvrage, Assia Djebar explore les voix de femmes en arabe dialectal et en berbère qu’elle ramène à la vie dans son français, tissé de toutes ces langues et de ce marmonnement multilingue.

Elle évoque son enfance, sa jeunesse, ses quatre premiers romans, suivis d’un long silence de dix ans, et puis, à quarante ans, l’impérieuse nécessité de l’acte autobiographique avec L’amour, la fantasia, premier tome du quatuor d’Alger qui marque son nouveau départ.

Ces voix qui m’assiègent témoigne du parcours d’une femme en écriture, pour qui l’identité n’est pas seulement d’hérédité mais de langue. Ces textes écrits pour des conférences entre 1982 et 1998 témoignent du parcours d’une romancière pour qui l’identité n’est pas seulement hérédité mais aussi langue.

L’Amour, la fantasia,

Émouvant roman historique de l’aube de la conquête coloniale à la guerre de libération, L’Amour, la fantasia alterne descriptions historiques minutieuses et scènes de fiction. Le roman présente des événements majeurs comme la prise d’Alger en 1830 et les enfumades du général Saint-Arnaud, racontant l’histoire d’une jeune fille algérienne à l’école coloniale puis celle d’une femme durant la guerre de libération. Les parties suivantes célèbrent les femmes dans la révolution, qu’elles soient au front ou soutenant les combattants à domicile, dans un entrelacs d’amour, de violence et d’émotions contradictoires. L’œuvre constitue un hommage aux femmes combattantes et un témoignage fidèle à la réalité historique algérienne.

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