Le thé au harem d’Archi Hamed

Le roman se déroule dans une cité H.L.M. avec des murs couverts de graffitis, slogans et appels de détresse. Madjid y vit, fils d’immigrés, paumé entre deux cultures, deux langues, deux couleurs de peau, s’inventant ses propres racines et attaches.

La peur, la violence et l’amour règnent : l’amour pour sa mère Malika, ses frères et sœurs, et son père — un petit vieux tombé d’un toit qui a perdu la raison — ainsi que pour ses copains et son ami Pat, celui des bons et des mauvais coups, de la drague et de la drogue.

Le livre dépeint la vie quotidienne d’une cité H.L.M. dans les années 1980 : chômage, misère, alcoolisme, racisme, solitude, la drogue, la prostitution.

La petite dernière

La narratrice est Fatima Daas, la « mazoziya » (petite dernière), française d’origine algérienne et musulmane pratiquante. À travers ce livre, Fatima Daas questionne ses identités multiples, culturelle, environnementale, religieuse, sexuelle et amoureuse — c’est un roman sur l’acceptation de soi et le refus de choisir entre son amour de Dieu et celui des femmes.

Ce premier roman, sous forme d’un monologue par fragments, ensorcelle d’emblée par son style coupant, percutant, scandé. Construit sur l’anaphore « Je m’appelle Fatima Daas », chacun des chapitres retrace un épisode de la vie de l’autrice, mélangeant constamment présent et passé.

Fatima Daas est née en 1995 à Saint-Germain-en-Laye ; ses parents, venus d’Algérie, se sont installés à Clichy-sous-Bois, où elle grandit entourée d’une famille nombreuse.

Deux secondes d’air qui brûle

Entre Paname et sa banlieue : un quartier, un parking, une friche, des toits, une dalle. Des coffres de voitures, chaises de camping, selles de motocross et rebords de fenêtres, pour se poser et observer le monde en train de se faire et de se défaire. Une pyramide, comme point de repère, au beau milieu de tout ça.

Astor, Chérif, Issa, Demba, Nil et les autres se connaissent depuis toujours et partagent tout, petites aventures comme grands barbecues, en passant par le harcèlement policier qu’ils subissent quotidiennement.

Un soir d’été, en marge d’une énième interpellation, l’un d’entre eux se fait abattre. Une goutte, un océan, de trop. Le soulèvement se prépare, méthodique, inattendu. Collectif.

La terre qui les sépare

En 1990, Hisham Matar a dix-neuf ans lorsque son père, Jaballa Matar, disparaît. Celui-ci, après avoir trouvé refuge en Égypte avec ses proches, est enlevé et emprisonné en Libye pour s’être opposé dès le début au régime de Kadhafi.

Hisham Matar va mener l’enquête pendant des années, contactant des ONG et des ambassades, relatant l’histoire de cette disparition dans la presse internationale, se rendant à la Chambre des lords en Angleterre, son pays d’adoption, s’adressant aux personnalités les plus inattendues, de Mandela au fils de Kadhafi.

À travers une méditation profonde et universelle sur la condition des fils qui attendent le retour de leurs pères partis au combat, Hisham Matar retrace aussi l’histoire poignante d’un retour au pays, après une absence de plus de trente ans. Il livre également un portrait subtil de la Libye prise dans la tourmente de la dictature et de la révolution, qui synthétise les espoirs déçus du Printemps arabe.

C’est le livre d’une quête. Question d’exil, d’absence, de retour, de terre, d’héritage, d’enfance, de famille.

Meursault, contre-enquête

Meursault, contre-enquête est un roman écrit en français de Kamel Daoud paru en octobre 2013 aux éditions Barzakh en Algérie et subséquemment le 7 mai 2014 chez Actes Sud en France. Il se présente à la fois comme une réécriture postcoloniale de L’Étranger et comme un hommage à Albert Camus. Le narrateur du roman est le frère de l’« Arabe » tué par Meursault dans L’Étranger, le fameux roman d’Albert Camus, et relate sa propre version des faits.

La victime de Meursault s’appelait Moussa Ould el-Assasse (littéralement, Moussa, « le fils du gardien »). Soir après soir, Haroun se trouve dans un bar oranais où il retrace sa vie pour honorer la mémoire de son frère Moussa. Il exprime sa solitude, sa frustration et sa colère après avoir vécu toute sa vie dans le deuil de son frère.

Kamel Daoud reprend le format de conversation, cette fois dans un bar d’Oran, entre deux personnages et, dans ce dialogue, Haroun fait figure de juge-pénitent, qui confesse ses propres fautes mais tente aussi de purger les fautes de chacun.

Une éducation algérienne

Wassyla Tamzali est née dans une célèbre famille algérienne de notables qui a joué un rôle important dans la guerre de libération, née dans une grande ferme coloniale au bord de la mer. Sa jeunesse ne lui a laissé que des souvenirs de bonheur et l’odeur des fleurs d’oranger. Une tragédie a tout changé : en 1957, son père est assassiné par un jeune recruteur du FLN.

Malgré cette tragédie et la nationalisation ultérieure des propriétés familiales, la jeune femme s’enthousiasme pour la construction de la nouvelle Algérie, adoptant toutes ses utopies, avant que les illusions ne tombent durant les années du terrorisme islamiste. Ce récit passionné introduit les lecteurs dans le monde intime d’un milieu peu connu, qui avait fait le double pari de l’indépendance et du maintien de l’héritage acquis pendant la colonisation.

À 20 ans au moment de l’indépendance, Wassyla s’enthousiasme pour la révolution, mais fait face à l’amère déception de la réalité du socialisme algérien et à la barbarie de la répression, ce qui l’amène à quitter l’Algérie pour Paris, où elle continue à se battre pour les droits des femmes à l’UNESCO.

La poule et son cumin

Deux jeunes femmes, deux destins, deux Maroc. Si une forte amitié lie dans l’enfance Kenza et Fatiha, la réalité de la société marocaine les rattrape, peu à peu, dans sa sourde cruauté. Fin 2011, elles se retrouvent à Casablanca. Que s’est-il passé entre-temps ? Quelles trahisons les séparent ? Dans un pays qui punit l’avortement et interdit l’amour hors mariage, comment ces deux fillettes, issues de milieux opposés, ont grandi et sont devenues femmes ?

Zineb Mekouar est née en 1991 à Casablanca, et vit à Paris depuis 2009. Finaliste du Goncourt du premier roman 2022, coup de coeur de l’été 2022 de l’Académie Goncourt,La Poule et son cumin est son premier ouvrage.

L’immeuble Yacoubian

En plein coeur du Caire, l’immeuble Yacoubian, véritable personnage principal du roman, est prétexte à raconter tout un pan de l’histoire égyptienne, des années 1930 à nos jours. Porté à l’écran par Marwan Hamed en 2006, ce livre est devenu un phénomène éditorial dans le monde entier.En cette saison démoniaque, Gabriel et Isaac s’aiment, se perdent et se retrouvent, puis décident, en dépit du sable et des checkpoints, de partir en vacances… Mais n’est-ce pas un projet fou dans un pays morcelé ?
De Jérusalem à Jéricho, puis au mystérieux village où l’on oublie de mourir, jusqu’aux piscines de Salomon, c’est une aventure amoureuse, une recherche de lumière et de liberté…

Kiffe Kiffe hier ?

Entre son fils qui illumine sa vie et ses ex-beaux-parents racistes, Doria essaie de garder le bon cap. Autour d’elle il semblerait que le projet de bâtir un monde meilleur ne soit plus à l’ordre du jour. Il faudra s’y faire. Il lui reste l’amour de la vie, une infatigable tendresse pour le genre humain et le meilleur atout pour faire face aux aléas de l’existence : un humour imparable.

Kiffe Kiffe demain ?

Fictions & Romans

Doria a 15 ans, un sens aigu de la vanne, une connaissance encyclopédique de la télé, et des rêves qui la réveillent. Elle vit seule avec sa mère dans une cité de Livry-Gargan depuis que son père est parti un matin dans un taxi gris trouver au Maroc une femme plus jeune et plus féconde. Ca, chez Doria, ça s’appelle le mektoub, le destin : « Ca veut dire que quoi que tu fasses, tu te feras toujours couiller. » Alors autant ne pas trop penser à l’avenir et profiter du présent avec ceux qui l’aiment ou font semblant. Sa mère d’abord, femme de ménage dans un Formule 1 de Bagnolet et soleil de sa vie. Son pote Hamoudi, un grand de la cité qui l’a connue alors qu’elle était « haute comme une barrette de shit ». Mme Burlaud, sa psychologue, qui met des porte-jarretelles et sent le Parapoux. Les assistantes sociales de la mairie qui défilent chez elle parfaitement manucurées. Nabil le nul qui lui donne des cours particuliers et en profite pour lui voler son premier baiser. Ou encore Aziz, l’épicier du Sidi Mohamed Market avec qui Doria essaie en vain de caser sa mère. Il se mariera sans les inviter? Peu importe, « Maman et moi on s’en fout de pas faire partie de la jet-set ».
Kiffe kiffe demain est d’abord une voix, celle d’une enfant des quartiers. Un roman plein de sève et d’humour.

NEWSLETTER

Chaque mois, prenez le temps d’embrasser quelques minutes de réconfort avec les productions culturelles du monde arabe et maghrébin, présentées par la newsletter du mat3amclub !