Mes Amis

Lorsque le jeune Khaled découvre à Benghazi, attablé avec ses parents autour du poste de radio, la puissance d’une nouvelle lue par un grand journaliste libyen expatrié à Londres, il est loin d’imaginer qu’un jour il vivra lui-même dans cet eldorado, et qu’il deviendra l’ami de l’auteur de ce texte, le brillant Hossam. Une trentaine d’années plus tard, le même Khaled se balade dans les rues londoniennes et retrace sa vie d’exil, de son arrivée imprévue à Londres, encore étudiant animé d’idéaux politiques, à ses longues amitiés si essentielles avec Hossam et Mustafa, un autre expatrié libyen. Alors que ses deux amis font le choix de retourner sur leur terre pour combattre la dictature de Kadhafi, Khaled, plus tiraillé, prend racine dans une existence loin des siens. Son amour de la littérature et la force de ses amitiés l’empêcheront-ils de ressentir le poids du regret ? Bouleversante déambulation dans les souvenirs et dans un Londres magnifié, Mes amis explore avec une grande délicatesse le conflit intérieur lié à chaque exil. Tout en dévoilant de manière unique l’histoire déchirante de la Libye et de sa révolution récente, Hisham Matar nous émerveille par la force de son écriture, aussi subtile qu’intense.

Portrait du décolonisé arabo-musulman et de quelques autres

Cinquante ans après les indépendances, qu’est devenu l’ex-colonisé ? C’est pour répondre à cette interrogation que l’auteur du célèbre Portrait du colonisé propose ce Portrait du décolonisé.

Cet ouvrage tente une peinture aussi fidèle que possible d’un homme nouveau apparu sur la scène de l’histoire. Il s’agit d’un triptyque : le nouveau citoyen, demeuré dans son pays natal, l’immigré vivant dorénavant à l’étranger et le fils de l’immigré, né dans le pays d’accueil, chacune de ces figures possédant sa cohérence.

La première partie est un bilan désenchanté : ayant obtenu son indépendance nationale, le colonisé n’y a gagné ni la richesse, ni la liberté. Deux problèmes principaux selon Albert Memmi : la corruption et l’absence de démocratie, donc de transparence et de droit, absence de démocratie entretenue par le jeu ambigu des potentats locaux, des militaires et des chefs religieux.

Memmi observe la difficulté d’une intégration qui n’est vraiment désirée ni par les minoritaires, ni par les majoritaires, que le métissage effraie, et appelle à construire une culture métisse commune qui s’appuie sur les meilleurs acquis d’un occident : libertés individuelles, universalisme et laïcité.

Brouillons Amoureux

À travers ses Brouillons, Souad Labbize ciselle sa langue d’exil pour dire l’universel du sentiment amoureux.

Portrait du décolonisé précédé de Portrait du colonisateur

Cinquante ans après les indépendances, Memmi propose un Portrait du décolonisé qui tente une peinture aussi fidèle que possible d’un homme nouveau apparu sur la scène de l’histoire.

L’ouvrage s’organise autour d’un triptyque : le nouveau citoyen demeuré dans son pays natal, l’immigré vivant dorénavant à l’étranger et le fils de l’immigré, né dans le pays d’accueil.

La première partie offre un bilan désenchanté : ayant obtenu son indépendance nationale, le colonisé n’y a gagné ni la richesse, ni la liberté, et la violence demeure souvent endémique dans son nouveau pays. Memmi identifie deux problèmes principaux : la corruption et l’absence de démocratie, donc de transparence et de droit.

L’ouvrage examine également les problèmes découlant de l’interdépendance du monde contemporain, notamment la liaison entre la pauvreté, la corruption et la tyrannie au sein des jeunes nations, ainsi que les mouvements de populations et les collisions entre les cultures.

La terre qui les sépare

En 1990, Hisham Matar a dix-neuf ans lorsque son père, Jaballa Matar, disparaît. Celui-ci, après avoir trouvé refuge en Égypte avec ses proches, est enlevé et emprisonné en Libye pour s’être opposé dès le début au régime de Kadhafi.

Hisham Matar va mener l’enquête pendant des années, contactant des ONG et des ambassades, relatant l’histoire de cette disparition dans la presse internationale, se rendant à la Chambre des lords en Angleterre, son pays d’adoption, s’adressant aux personnalités les plus inattendues, de Mandela au fils de Kadhafi.

À travers une méditation profonde et universelle sur la condition des fils qui attendent le retour de leurs pères partis au combat, Hisham Matar retrace aussi l’histoire poignante d’un retour au pays, après une absence de plus de trente ans. Il livre également un portrait subtil de la Libye prise dans la tourmente de la dictature et de la révolution, qui synthétise les espoirs déçus du Printemps arabe.

C’est le livre d’une quête. Question d’exil, d’absence, de retour, de terre, d’héritage, d’enfance, de famille.

Poétique de la relation

Détails
«Esthétique de la terre ? Dans la poussière famélique des Afriques ? Dans la boue des Asies inondées ? Dans les épidémies, les exploitations occultées, les mouches bombillant sur les peaux en squelette des enfants ? Dans le silence glacé des Andes ? Dans les pluies déracinant les favelas et les bidonvilles ? Dans la pierraille et la broussaille des bantoustans ? Dans les fleurs autour du cou, et les ukulélés ? Dans les baraques de fange couronnant les mines d’or ? Dans les égouttoirs des villes ? Dans le vent aborigène ravagé ? Dans les quartiers réservés ? Dans l’ivresse des consommations aveugles ? Dans l’étau ? La cabane ? La nuit sans lumignon ?
Oui. Mais esthétique du bouleversement et de l’intrusion. Trouver des équivalents de fièvre pour l’idée « environnement » (que pour ma part je nomme entour), pour l’idée « écologie », qui paraissent si oiseuses dans ces paysages de la désolation. Imaginer des forces de boucan et de doux-sirop pour l’idée de l’amour de la terre, qui est si dérisoire ou qui fonde souvent des intolérances si sectaires.»

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