Mohammed El-Kurd

Palestine is a microcosm of the world: on fire, stubborn, fragmented, dignified. While a settler colonial state continues to inflict devastating violence, fundamental truths are deliberately obscured—the perpetrators are coddled while the victims are blamed and placed on trial.

Why must Palestinians prove their humanity? And what are the implications of such an infuriatingly impossible task? With fearless prose and lyrical precision, Mohammed El-Kurd refuses a life spent in cross-examination. Rather than asking the oppressed to perform a perfect victimhood, El-Kurd asks friends and foes alike to look Palestinians in the eye, forgoing both deference and condemnation.

How we see Palestine reveals how we see each other; how we see everything else. Masterfully combining candid testimony, history, and reportage, Perfect Victims presents a powerfully simple demand: dignity for the Palestinian.

Azoulay, Ariella Aïsha

A passionately urgent call for all of us to unlearn imperialism and repair the violent world we share

In this theoretical tour-de-force, renowned scholar Ariella Aïsha Azoulay calls on us to recognize the imperial foundations of knowledge and to refuse its strictures and its many violences.

Azoulay argues that the institutions that make our world, from archives and museums to ideas of sovereignty and human rights to history itself, are all dependent on imperial modes of thinking. Imperialism has segmented populations into differentially governed groups, continually emphasised the possibility of progress while trying to destroy what came before, and voraciously sought out the new by sealing the past away in dusty archival boxes and the glass vitrines of museums.

By practising what she calls potential history, Azoulay argues that we can still refuse the imperial violence that shattered communities, lives, and worlds, from native peoples in the Americas to the Congo ruled by Belgium’s brutal King Léopold II, from dispossessed Palestinians in 1948 to displaced refugees in our own day. In Potential History, Azoulay travels alongside historical companions — an old Palestinian man who refused to leave his village in 1948, an anonymous woman in war-ravaged Berlin, looted objects and documents torn from their worlds and now housed in archives and museums — to chart the ways imperialism has sought to order time, space, and politics.

Rather than looking for a new future, Azoulay calls upon us to rewind history and unlearn our imperial rights, to continue to refuse imperial violence by making present what was invented as « past » and making the repair of torn worlds the substance of politics.

Downey, Anthony

Featuring writing, interviews and original artwork by internationally renowned academics, curators, activists, filmmakers and artists, the book explores the relationship between contemporary art and the archive. It examines how artists in North Africa and the Middle East produce speculative visions of the future through archival practices. The work questions whether these artistic engagements foster nostalgia or reveal institutional archiving crises, while investigating what such practices reveal about global cultural production politics. Throughout the volume, the archive emerges as a « troubled, dissonant and performative space » central to critical artistic vision. Contemporary artists engaging with archives—whether alternative, interrogative, or fictional—unlock the archive’s « regenerative, radical potential » rather than merely questioning its authenticity and authority.

Jamal Ouazzani

Il y a ces politiques qui ne cessent d’exhorter les femmes à se dévoiler. Les médias qui véhiculent l’imaginaire de la « beurette » ou du « garçon arabe » en jogging baskets empreint de sexisme et de racisme. Ou encore le legs colonial qui érotise le corps des personnes racisées : les femmes comme objet de fantasme et de domination et les hommes pour leur hypervirilité.

Refusant de se plier à ces stéréotypes et enraciné dans sa propre expérience en tant qu’homme arabe musulman en France, Jamal Ouazzani entreprend dans cet essai plus que nécessaire un voyage intime et politique dans une société marquée par des divisions profondes et systémiques.

En explorant et en s’inspirant de quatorze siècles de culture arabe et/ou musulmane, il dévoile la richesse d’un héritage souvent méconnu qui offre un espace d’inclusion à toutes les identités et nous invite à repenser nos conceptions de l’amour.

Khémaïs Ben Lakhdar

Autour de ce sujet brûlant, le débat est devenu impossible. Certains se lamentent : on ne peut même plus s’habiller comme on le souhaite, et d’autres militeraient, selon les premiers, pour que l’on fasse attention à l’origine du moindre accessoire. Constamment invoqué par les journalistes et omniprésent sur les réseaux sociaux, le concept d’appropriation culturelle sature l’espace médiatique et enflamme les polémiques. Pourtant, personne ne s’accorde sur sa signification réelle, il n’en existe aucune définition nette, et il est difficile d’y voir clair parmi les controverses et les contradictions qui l’entourent.

C’est de là que vient la nécessité de ce livre : un texte précis et accessible d’un chercheur spécialiste du sujet qui explique de manière pédagogique ce que désigne vraiment le concept d’appropriation culturelle afin que chacun puisse le comprendre et participer au débat en connaissance de cause.

Notre auteur revient ainsi sur ses origines de ce « cannibalisme culturel » : la naissance de la Haute couture, l’industrialisation et les débuts du colonialisme, qui poussent les créateurs à chercher toujours plus d’inspiration en tournant leur regard vers l’Orient, puis sur son développement, entre outil scientifique et arme de revendication militante.

Une fois la notion d’appropriation culturelle expliquée, on peut la dépasser et sortir enfin de l’impasse dans laquelle sa méconnaissance maintient aujourd’hui le débat. L’auteur nous encourage finalement à nous poser les bonnes questions et à soutenir les échanges entre les cultures sans ignorer les mécanismes de domination qui les sous-tendent.

Des damné(e)s de l’Histoire – Les arts visuels face à la guerre d’Algérie,

Un regard critique sur la place et les enjeux des représentations de la guerre d’indépendance dans la construction contemporaine de la scène artistique française et algérienne.

Entre 1954 et 1962, la guerre d’indépendance ou d’Algérie, selon que l’on se place du côté de la victoire ou de la défaite, marque durablement plusieurs générations d’artistes internationaux, tout en traversant et bousculant des questionnements esthétiques quant à la représentation de l’innommée. Cet ouvrage, qui récolte les traces de cette déchirure franco-algérienne au travers du prisme de l’art, révèle l’importance d’un sujet historique, ignoré par l’histoire de l’art, dont les répercussions sur la politique contemporaine de la France sont encore perceptibles. Terreau d’une génération d’artistes en devenir, qui confortera son engagement social et artistique dans les événements de Mai 68, mais aussi d’artistes de l’hybridité postcoloniale, qui revendiquent une modernité non hiérarchisée et l’écriture d’une histoire du non-dit, la guerre d’Algérie revêt des enjeux fondamentaux dans la construction contemporaine de la scène artistique française et algérienne. Or, alors que la proscription historique d’une cinquantaine d’années est maintenant révolue, il semble que les conflits mémoriaux inhérents à cette défaite française continuent à entraver l’écriture et l’exposition sereines d’une séquence historique, qui apparaît pourtant matricielle dans la construction de la France contemporaine. Aussi, cette étude se propose de porter un regard critique sur la place des représentations de cette « non-histoire » dans les institutions muséales françaises et tente alors de mesurer l’impact d’une histoire encore non consensuelle dans la création artistique actuelle, aujourd’hui percutée par des enjeux de mémoire et politique, et qui de fait interroge la notion même d’identité(s) et d’« intégration ».

Provincialiser l’Europe, la pensée postcoloniale et la différence historique

L’Europe n’est plus le centre du monde. Pourtant, les catégories de pensée et les concepts politiques occidentaux continuent de régir les discours produits sur les mondes non occidentaux, perpétuant l’idée selon laquelle l’histoire de l’ensemble des sociétés humaines devrait être lue au prisme de l’évolution de ce continent. Or le capitalisme n’a pas réussi à unifier l’humanité. S’il s’est mondialisé, il ne s’est pas universalisé. D’où la nécessité de provincialiser l’Europe, autrement dit de reconnaître que l’appareil scientifique occidental ne suffit pas à comprendre nombre d’éléments des sociétés et des cultures des pays du Sud.

Dipesh Chakrabarty montre dans ce classique de la pensée postcoloniale que le temps historique est pluriel, que les sociétés participent de temporalités hétérogènes constitutives d’une multiplicité irréductible de manières d’être au monde. Ce faisant, il invite à penser la diversité des formes que peut prendre la modernité politique ainsi que des futurs qui se construisent aujourd’hui.

A perte de mère. Sur les routes atlantiques de l’esclavage

Paru en 2007, À perte de mère est le deuxième livre de Saidiya Hartman. L’écriture est celle, contre-disciplinaire, de la recherche d’archives, de l’analyse, du journal, de la poésie, de l’autobiographie ; confrontée aux trajectoires de déportation d’une rive à l’autre de l’Atlantique, aux vies décimées et bouleversées par la traite négrière esclavagiste. Au fil de l’apprentissage et de la transformation personnelle et politique de Hartman se dessine un futur dans l’expérience présente du passé, ceci par un geste double que l’autrice explique comme « une lutte contre les limites de l’archive pour écrire une histoire culturelle de læ captif·ve, et, en même temps, comme une mise en acte de l’impossibilité de représenter les vies des captif·ves, précisément à travers le processus narratif ».

Comment fait-on l’expérience de l’histoire de l’esclavage ? Comment la fait-on déjà, encore ? Comment cette histoire se poursuit-elle ? Ce récit d’un voyage au Ghana par l’historienne suit les traces – matérielles, sociales, relationnelles – de la traite atlantique esclavagiste : architectures, conflits, amitiés. Pour emprunter les mots de Robin Kelley, Hartman est « étrangère à la recherche d’étranger·es », elle questionne le mode de formation des savoirs, les rapports de pouvoir en jeu dans la constitution de ce qui fait mémoire d’un passé.

Portrait du décolonisé précédé de Portrait du colonisateur

Cinquante ans après les indépendances, Memmi propose un Portrait du décolonisé qui tente une peinture aussi fidèle que possible d’un homme nouveau apparu sur la scène de l’histoire.

L’ouvrage s’organise autour d’un triptyque : le nouveau citoyen demeuré dans son pays natal, l’immigré vivant dorénavant à l’étranger et le fils de l’immigré, né dans le pays d’accueil.

La première partie offre un bilan désenchanté : ayant obtenu son indépendance nationale, le colonisé n’y a gagné ni la richesse, ni la liberté, et la violence demeure souvent endémique dans son nouveau pays. Memmi identifie deux problèmes principaux : la corruption et l’absence de démocratie, donc de transparence et de droit.

L’ouvrage examine également les problèmes découlant de l’interdépendance du monde contemporain, notamment la liaison entre la pauvreté, la corruption et la tyrannie au sein des jeunes nations, ainsi que les mouvements de populations et les collisions entre les cultures.

Racisme et jeu vidéo

En 2007, le monde du jeu vidéo est secoué par une violente polémique au sujet du jeu vidéo Resident Evil 5. Ce dernier est accusé de faire commerce du racisme, en invitant à se glisser dans la peau d’un américain blanc body-buildé, missionné dans une région africaine anonyme, et tuant des dizaines d’hommes et de femmes noires présentées comme de dangereux zombies infectés du virus T. Depuis, la communauté des joueurs et joueuses de jeux vidéo interpelle régulièrement les créateurs et créatrices des jeux sur les questions du racisme et du sexisme.

Dans son ouvrage, Mehdi Derfoufi analyse les rapports de force qui structurent l’industrie du jeu vidéo, dévoilant comment le racisme se niche parfois insidieusement au cœur de scénarios de jeux vidéo à succès. Il nous invite à nous questionner. Quels sont les pays qui pèsent sur les milliards d’euros du marché mondial du jeu vidéo ? Qui sont les game designers et auteurs des jeux ? Comment les représentations racistes sont-elles véhiculées à travers les personnages et les imaginaires vidéoludiques ?

L’auteur nous dévoile avec brio les logiques racialisantes à l’œuvre au sein d’un marché économique très concurrentiel où des stéréotypes exotisants servent régulièrement à faire vendre un jeu. Il nous montre aussi comment la division internationale du travail et la hiérarchie économico-politique Nord/Sud pèse sur le marché du jeu vidéo et ralentit l’émergence de nouvelles représentations. Pourtant, de nombreux espoirs, notamment dans les pays du Sud participent au renouvellement de la culture geek : face aux violences racistes, la riposte s’organise.

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