En transit. Les Syriens à Beyrouth, Marseille, Le Havre, New York (1880-1914)

Nageeb Arbeely, interprète à Ellis Island, Boulos Kaouan et César Tasso, pisteurs à Marseille, la jeune Amelia Beshara, un colporteur en Alabama, le poète Khalil Gibran… Autant de visages présents sur la couverture de cet ouvrage. Ces femmes et ces hommes ne se sont pas forcément croisés, mais ont en commun d’avoir vécu ce moment si particulier et peu exploré de l’expérience migratoire qu’est le transit.

Venant du Liban ou de Syrie entre les années 1880 et 1914, leur trajectoire les fait s’arrêter et vivre durant des étapes plus ou moins longues dans les ports que sont Beyrouth, Marseille, Le Havre et New York. Dans un récit très incarné, nourri de ces parcours singuliers, l’historienne Céline Regnard s’est attachée à privilégier le point de vue des migrants, écrivant une histoire à hauteur d’hommes et de femmes. Ce sont également une multitude d’autres acteurs et d’actrices, un monde institué et/ou parallèle dans les villes-ports concernées, qui entrent en scène : passeurs, bateliers, pisteurs, logeurs, mais aussi médecins et policiers ; en effet, cet entre-deux que représente le transit est un moment de contact singulier et particulier entre ces migrants syriens, souvent vêtus à l’orientale et parlant arabe, et les populations occidentales. Si les regards portés sur eux sont multiples, de l’empathie à tendance paternaliste à l’inquiétude, les Syriens produisent également dans ces moments de passage des représentations d’eux-mêmes et des autres.

Des expériences et un monde qui paraissent bien lointains, mais qui résonnent pourtant fortement avec notre présent, à l’heure des frontières qui se ferment et des contrôles renforcés, quand les transits se prolongent pour devenir des impasses ou des rétentions…

La terre qui les sépare

En 1990, Hisham Matar a dix-neuf ans lorsque son père, Jaballa Matar, disparaît. Celui-ci, après avoir trouvé refuge en Égypte avec ses proches, est enlevé et emprisonné en Libye pour s’être opposé dès le début au régime de Kadhafi.

Hisham Matar va mener l’enquête pendant des années, contactant des ONG et des ambassades, relatant l’histoire de cette disparition dans la presse internationale, se rendant à la Chambre des lords en Angleterre, son pays d’adoption, s’adressant aux personnalités les plus inattendues, de Mandela au fils de Kadhafi.

À travers une méditation profonde et universelle sur la condition des fils qui attendent le retour de leurs pères partis au combat, Hisham Matar retrace aussi l’histoire poignante d’un retour au pays, après une absence de plus de trente ans. Il livre également un portrait subtil de la Libye prise dans la tourmente de la dictature et de la révolution, qui synthétise les espoirs déçus du Printemps arabe.

C’est le livre d’une quête. Question d’exil, d’absence, de retour, de terre, d’héritage, d’enfance, de famille.

Planète afro-berbère

La réédition augmentée du guide du musée Tiskiwin à Marrakech, créé par le collectionneur et anthropologue Bert Flint à la suite de ses différents voyages à travers l’Afrique transsaharienne : un livre de poche visant à partager avec un large public le grand périple des arts afro-berbères du Haut Atlas oriental au fleuve Niger, où se joue l’émergence d’une culture visuelle à la fois millénaire et contemporaine qui s’étend du Maghreb aux pays du Sahel.

ʿAṣfūriyyeh A History of Madness, Modernity, and War in the Middle East

ʿAṣfūriyyeh (formally, the Lebanon Hospital for the Insane) was founded by a Swiss Quaker missionary in 1896, one of the first modern psychiatric hospitals in the Middle East. It closed its doors in 1982, a victim of Lebanon’s brutal fifteen-year civil war.

The book uses the rise and fall of this institution as a lens through which to examine the development of modern psychiatric theory and practice in the region as well as the socio-political history of modern Lebanon. ‘Aṣfūriyyeh becomes a window into social-policy questions relating to dependency and welfare, definitions of deviance, the relation of mission to empire, state-building processes, and the relation of medical authority to religion.

Abi-Rached shows how ʿAṣfūriyyeh’s role shifted from a missionary enterprise to a national institution with wide regional influence. She offers a gripping chronicle of patients’ and staff members’ experiences during the Lebanese civil war and analyzes the hospital’s distinctive nonsectarian philosophy. When ʿAṣfūriyyeh closed down, health in general and mental health in particular became more visibly sectarianized—monopolized by various religious and political actors. Once hailed for its progressive approach to mental illness and its cosmopolitanism, ʿAṣfūriyyeh became a stigmatizing term, a byword for madness and deviance, ultimately epitomizing a failed project of modernity. Reflecting on the afterlife of this and other medical institutions, especially those affected by war, Abi-Rached calls for a new ethics of memory, more attuned to our global yet increasingly fragmented, unstable, and violent present.

Meursault, contre-enquête

Meursault, contre-enquête est un roman écrit en français de Kamel Daoud paru en octobre 2013 aux éditions Barzakh en Algérie et subséquemment le 7 mai 2014 chez Actes Sud en France. Il se présente à la fois comme une réécriture postcoloniale de L’Étranger et comme un hommage à Albert Camus. Le narrateur du roman est le frère de l’« Arabe » tué par Meursault dans L’Étranger, le fameux roman d’Albert Camus, et relate sa propre version des faits.

La victime de Meursault s’appelait Moussa Ould el-Assasse (littéralement, Moussa, « le fils du gardien »). Soir après soir, Haroun se trouve dans un bar oranais où il retrace sa vie pour honorer la mémoire de son frère Moussa. Il exprime sa solitude, sa frustration et sa colère après avoir vécu toute sa vie dans le deuil de son frère.

Kamel Daoud reprend le format de conversation, cette fois dans un bar d’Oran, entre deux personnages et, dans ce dialogue, Haroun fait figure de juge-pénitent, qui confesse ses propres fautes mais tente aussi de purger les fautes de chacun.

Enquête sur les bijoux Amazighs

Enquête sur les bijoux amazighs restitue une série de dessins réalisés dans le cadre d’une visite sur le terrain par Ahmed Bouanani. Ethnographe et illustrateur, Bouanani analyse la construction des bijoux berbères en esquissant une taxonomie et une géographie du symbolisme formel des groupes amazighs au Maroc.

Andermahr, Sonya

Auteur : Decolonizing Trauma Studies Édition : MDPI Books Année de publication : 2016

Une éducation algérienne

Wassyla Tamzali est née dans une célèbre famille algérienne de notables qui a joué un rôle important dans la guerre de libération, née dans une grande ferme coloniale au bord de la mer. Sa jeunesse ne lui a laissé que des souvenirs de bonheur et l’odeur des fleurs d’oranger. Une tragédie a tout changé : en 1957, son père est assassiné par un jeune recruteur du FLN.

Malgré cette tragédie et la nationalisation ultérieure des propriétés familiales, la jeune femme s’enthousiasme pour la construction de la nouvelle Algérie, adoptant toutes ses utopies, avant que les illusions ne tombent durant les années du terrorisme islamiste. Ce récit passionné introduit les lecteurs dans le monde intime d’un milieu peu connu, qui avait fait le double pari de l’indépendance et du maintien de l’héritage acquis pendant la colonisation.

À 20 ans au moment de l’indépendance, Wassyla s’enthousiasme pour la révolution, mais fait face à l’amère déception de la réalité du socialisme algérien et à la barbarie de la répression, ce qui l’amène à quitter l’Algérie pour Paris, où elle continue à se battre pour les droits des femmes à l’UNESCO.

La poule et son cumin

Deux jeunes femmes, deux destins, deux Maroc. Si une forte amitié lie dans l’enfance Kenza et Fatiha, la réalité de la société marocaine les rattrape, peu à peu, dans sa sourde cruauté. Fin 2011, elles se retrouvent à Casablanca. Que s’est-il passé entre-temps ? Quelles trahisons les séparent ? Dans un pays qui punit l’avortement et interdit l’amour hors mariage, comment ces deux fillettes, issues de milieux opposés, ont grandi et sont devenues femmes ?

Zineb Mekouar est née en 1991 à Casablanca, et vit à Paris depuis 2009. Finaliste du Goncourt du premier roman 2022, coup de coeur de l’été 2022 de l’Académie Goncourt,La Poule et son cumin est son premier ouvrage.

L’immeuble Yacoubian

En plein coeur du Caire, l’immeuble Yacoubian, véritable personnage principal du roman, est prétexte à raconter tout un pan de l’histoire égyptienne, des années 1930 à nos jours. Porté à l’écran par Marwan Hamed en 2006, ce livre est devenu un phénomène éditorial dans le monde entier.En cette saison démoniaque, Gabriel et Isaac s’aiment, se perdent et se retrouvent, puis décident, en dépit du sable et des checkpoints, de partir en vacances… Mais n’est-ce pas un projet fou dans un pays morcelé ?
De Jérusalem à Jéricho, puis au mystérieux village où l’on oublie de mourir, jusqu’aux piscines de Salomon, c’est une aventure amoureuse, une recherche de lumière et de liberté…

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