Poétique de la relation

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«Esthétique de la terre ? Dans la poussière famélique des Afriques ? Dans la boue des Asies inondées ? Dans les épidémies, les exploitations occultées, les mouches bombillant sur les peaux en squelette des enfants ? Dans le silence glacé des Andes ? Dans les pluies déracinant les favelas et les bidonvilles ? Dans la pierraille et la broussaille des bantoustans ? Dans les fleurs autour du cou, et les ukulélés ? Dans les baraques de fange couronnant les mines d’or ? Dans les égouttoirs des villes ? Dans le vent aborigène ravagé ? Dans les quartiers réservés ? Dans l’ivresse des consommations aveugles ? Dans l’étau ? La cabane ? La nuit sans lumignon ?
Oui. Mais esthétique du bouleversement et de l’intrusion. Trouver des équivalents de fièvre pour l’idée « environnement » (que pour ma part je nomme entour), pour l’idée « écologie », qui paraissent si oiseuses dans ces paysages de la désolation. Imaginer des forces de boucan et de doux-sirop pour l’idée de l’amour de la terre, qui est si dérisoire ou qui fonde souvent des intolérances si sectaires.»

Les lieux de la culture : une théorie postcoloniale

Salué aussi bien par Edward Said que par Toni Morrison ou J. M. Coetzee, Homi K. Bhabha est l’un des théoriciens les plus importants et les plus influents du postcolonialisme. S’appuyant sur la littérature, la philosophie, la psychanalyse et l’histoire, il invite notamment à repenser les questions très actuelles d’identité et d’appartenance nationales ; à dépasser, grâce au concept très fécond d’hybridité culturelle, la vision d’un monde dominé par l’opposition entre soi et l’autre ; à saisir comment, par le biais de l’imitation et de l’ambivalence, les colonisés introduisent chez leurs colonisateurs un sentiment d’angoisse qui les affaiblit considérablement ; ou encore, plus largement, à comprendre les liens qui existent entre colonialisme et globalisation.

Art et mondialisation : décentrements : anthologie de textes de 1950 à nos jours

« Cette anthologie est un outil précieux pour tous ceux qui s’interrogent sur les relations entre l’art et la mondialisation à l’époque contemporaine. Elle propose une sélection des principaux écrits issus des sciences sociales qui contribuent à une pensée du décentrement et à une révision de l’histoire de l’art mondiale. De 1950 à nos jours, elle réunit les textes jalons des principaux théoriciens et chercheurs en anthropologie, études culturelles, études de genre et études postcoloniales, ainsi que des textes d’artistes. » (4e de couv.)

L’histoire n’est pas donnée : art contemporain et postcolonialité en France

L’exposition Magiciens de la terre à Paris en 1989 est considérée comme emblématique de la présence de la postcolonialité dans le champ de l’art contemporain. Pourtant, les débats qu’elle a suscités ont été délaissés en France. En prêtant une attention particulière à la période comprise entre 1989 et 2014, cet ouvrage examine l’oubli très sélectif que la France a de son passé, à partir de l’analyse d’œuvres, de revues et d’expositions.

Éléments pour un art nouveau

« Voici, réunis dans cette livraison, le contenu de deux livrets que Mohamed Khadda avait publiés de son vivant, augmenté de textes parus ici ou là. Les deux livrets (Éléments pour un art nouveau, 1972 et Feuillets épars liés, 1983) sont aujourd’hui introuvables en librairie, quoique toujours cités dans la presse. Les autres textes sont disséminés dans des publications diverses et, de ce fait, difficiles d’accès. Il m’a donc paru nécessaire de rassembler et de remettre en circulation ces essais qui, désormais, font partie du corpus de documents portant sur l’activité culturelle initiée au moment de l’accession de l’Algérie à l’Indépendance. »
Naget Khadda Vingt-quatre ans après sa disparition en mai 1991, une publication réunissant les textes les plus importants de Mohamed Khadda. Occasion, pour le lecteur, de (re)découvrir l’érudition et le talent d’essayiste de celui qui fut l’un des fondateurs de la peinture algérienne moderne.

1962 : Comment l’indépendance algérienne a transformé la France

La guerre d’Algérie nous parle de la France d’aujourd’hui, en particulier des questions d’identité et de citoyenneté, mais aussi de l’immigration, de la mémoire et de la réconciliation. L’auteur explique comment la Ve République, à ses débuts, s’est appuyée sur la guerre d’Algérie pour restreindre durablement les libertés individuelles ; et comment l’histoire de l’impérialisme et de l’anti- impérialisme français a été réécrite par l’administration, les politiciens et les journalistes pour présenter la décolonisation comme une « fatalité », un mouvement inévitable, au lieu de dire qu’elle marquait l’échec du projet originel d’intégration nationale dans les colonies. Todd Shepard, né en 1969, est maître de conférences (Associate Professor) à la Johns Hopkins University, aux États-Unis.

Waiting for Omar Gatlato : a survey of contemporary art from Algeria and its diaspora

This catalogue offers diverse representations of everyday life in Algeria and its diaspora through film, paintings, photography and sculpture by twenty-five contemporary artists. It includes the first English translations of key theoretical texts on Algerian contemporary art.

An Archive of love

This book is a sincere visual exploration and celebration of love in the Middle East and North Africa. The candor of street photography proves to be essential when dealing with love: a theme that is often reduced to a westernized one-size-fits-all or an orientalist wet dream. These photographs are captured when the lens searches beyond the unrest for manifestations of love in all its forms on the streets of the MENA region: the subtle, the indiscreet, the romantic, the platonic, the spiritual, the paternal, and the fraternal.

Arabofuturs – Art, science-fiction et nouveaux imaginaires

ARABOFUTURS invite à rentrer de plain-pied dans le monde onirique de l’anticipation arabe. Cet ouvrage ouvre la porte vers de nouvelles formes d’inconnu et témoigne de la richesse esthétique, intellectuelle et narrative de la science-fiction dans le monde arabe et ses diasporas. Il accompagne l’exposition éponyme qui présentera plus de 20 artistes vidéastes, plasticiens, performeurs, qui renouvellent les perspectives, redéfinissent les identités et cherchent à offrir des nouveaux possibles au réel.Mondialisation, modernité, écologie, migrations, genre et décolonisation sont quelques-uns des sujets de prédilection de cette scène dans laquelle les artistes utilisent des motifs de la science-fiction ou du fantastique pour remettre en cause les certitudes et les acquis. Au-delà de la présentation des œuvres exposées et de la démarche artistique de chacun, cet ouvrage est une introduction aux recherches les plus actuelles sur les créations SF et les nouvelles narrations présentes dans tous les champs de l’art et portées par les artistes de culture arabe. Des chercheurs et des universitaires francophones, anglophones et arabophones, spécialistes des sciences sociales, de linguistique, de littérature, de cinéma ou d’arts plastiques, de culture classique autant que contemporaine, ont été convié à écrire des textes qui viennent éclairer cette tendance forte et peu connue en France de l’art contemporain arabe.

Ce que la palestine apporte au monde

« À l’heure où la Palestine semble abandonnée de tous, à commencer par les États arabes, nous avons choisi d’y retourner, comme une évidence. Pour raconter son peuple dispersé par l’histoire et les frontières. Nous avons voulu arpenter son territoire, divisé entre Gaza et la Cisjordanie avec Jérusalem pour centre introuvable, annexé par la colonisation israélienne et grignoté par le Mur de séparation.
Devenue le symbole de la colonisation dans un monde en train de se décoloniser dans la deuxième moitié du XXe siècle, la Palestine ne s’appartient pas. Elle est une cause, une source d’inspiration pour le monde entier. Le keffieh est le drapeau des révoltés. Palestinien n’est plus seulement une nationalité sans pays, c’est une condition et le refus de s’y plier, c’est une résistance obstinée de chaque instant et de chaque geste.
C’est du monde tel qu’il va mal dont la Palestine nous parle. La Palestine vit déjà à l’heure d’un monde aliéné, surveillé, encagé, ensauvagé, néolibéralisé. Les Palestiniens savent ce que c’est d’être un exilé sur sa propre terre. Apprenons d’eux ! »

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